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Le piment dans les chansons de L’artiste en question n’est pas nouveau. La chanson qui l’a révéléee au public (bref pour ma part) est un classique pimenté qui se dance même toujours aujourd’hui, et entre plusieurs albums elle a cumulé tellement de hits pimentés les uns après les autres.

Entre des featurings avec Koffi Olomide et des chansons telles que « Connais-tu l’amour », on aurait pensé qu’elle avait pris une pause par rapport au thème. Cependant l’album Patrimoine présenté il y a quelques semaines à la presse puis à la FNAC, semble marquer le retour en force de notre Diva et des recettes pimentées dont elle seule a le secret.

Ceci dit une fois l’album entre mes mains, j’avais hâte de l’écouter. Dans un pays où les singles font rage, tout artiste qui sort un album attire automatiquement mon attention, d’où la création de ma rubrique « Album de la Semaine » (m’écrire à l’adresse mail himinsarthur@gmail.com si vous avez un album dont vous souhaitez faire la promo).

Alors depuis quelques jours que j’écoute cet opus, j’ai un peu décortiqué l’usage du piment dans les chansons de Lady Ponce. Mon premier constat était de voir que les thèmes sont quand même variés (comme nous le verrons dans les lignes qui suivent) et surtout que le piment dans certaines chansons est plutôt subtil, utilisé dans un contexte plus ou moins correct, sans forcément être vulgaire. Ceci dit dans d’autres chansons j’ai trouvé cela pas forcément utile (par utile je veux dire que le message de la chanson pouvait passer sans ajouter le piment).

Commençons par la chanson « Mon médécin » Piste 2. La chanson parle d’une femme éperdument folle de son homme, à cause des performances sexuelles de ce dernier. « Je suis mordue, il me tient…, ses caresses, ses bisous etc… », et après avoir cherché en vain et fais le tour des hommes, elle a enfin trouvé celui là qui sait s’y prendre, qui l’envoie au septième ciel. « Entre ses…il détient mon paradis… entre mes … je détiens son paradis ». La relation est présentée comme fusionnelle, sensuelle et torride!!!

Personnellement j’adore cette chanson!!! Le piment est mentionné ici dans un cadre décent et légal, car le sexe fait partie d’une relation entre une femme et son homme (mari de préférence -_-), et parler de ce que notre partenaire nous fait ressentir tel que présenté ici je n’y vois aucun mal.

Juste en passant, la Bible également parle de la place du sexe dans un couple dans le livre Cantiques des Cantiques. Pour ceux qui ne lisent pas la Bible, vous serez peut-être surpris. Quelques exemples ci-dessous:

« Que tu es belle, ma compagne, que tu es belle » et elle répond: «Que tu es beau, mon chéri, combien agréable » (1.16). Quant aux intimités qu’elle désire: « Qu’il me baise des baisers de sa bouche » (1.2); et lui, il répond: « Tes lèvres distillent du miel… il y a sous ta langue du miel et du lait » (4.11); « Ton palais est comme le vin le meilleur » (7.10). Elle souhaite qu’« entre mes seins il passe la nuit » (1.13); en les effleurant, il murmure: « Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle qui paissent parmi les lis»

Voilà quelques exemples de la célébration de la sexualité en couple dans la Bible. Pour amples détails voici le lien source http://larevuereformee.net/articlerr/n229/la-celebration-de-la-sexualite-le-cantique-des-cantiques

Si on imaginait ce texte biblique en chanson (Bitkusi pour entrer dans notre contexte), n’y aurait-il pas des similitudes avec « Mon médécin »? En tout cas je me pose la question et je pense que le nier serait hypocrite, aussi puriste soit-on. Si on pouvait juste restreindre ce genre de chansons aux adultes ça aurait été mieux. Mais avec les bars et autres, c’est pas prêt d’arriver. Bref le débat n’est pas là. Continuons à regarder en profondeur.

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On évolue à la piste 4 (Samedi Soir). Très bon bitkusi, cadence et ambiance y sont! Mais dès les premières paroles « pas de limites pour s’enjailler », on comprend une fois. Il s’agit là de l’histoire d’une jeune fille qui sort pour s’éclater et ne se fixe aucune limite. Le genre de soirée où tout peut arriver, comme croiser un inconnu et si l’ambiance nous transporte, on trouve un coin pour aller « finir ». La tenue déjà décrite dans la chanson (matelot, bustier pour booster les lolos), on comprend tout de suite que l’intention est de taper dans l’œil, séduire afin de ne pas rentrer seule. On se chauffe d’abord avec la danse en mode « coller la petite », et quand on est suffisamment excités, stimulés généralement par l’alcool et les stupéfiants (chichas et autres, lol je parle en connaissance de cause, sans hypocrisie), on est partis.

Pour cette chanson, je suis contre le piment mentionné ainsi. Comme mon ami Sylvestre je dis Gunshot!!!C’est un peu comme encourager cette vie de promiscuité. Le plus drôle parfois c’est que de telles chansons sont chantées par des artistes qui eux, sont mariés et vivent une vie de famille, mais nous font danser naïvement sur de telles chansons encourageant la légèreté et la promiscuité.

Ceci dit avec ou sans ses chansons est ce que ce n’est pas ce qui se passe dehors. Si le public vénère cela c’est simplement que c’est son quotidien. Avec ou sans Lady Ponce, les Camerounais vont manger boire et faire (comme dit Felix Mbetbo). Pendant donc que certains artistes essaient d’idéaliser leur environnement, d’autres surfent juste sur la vague des maux qui la minent afin de gagner leur pain quotidien. Peut-on leur en vouloir? En vrai je n’en sais rien.

Arrêt sur Trop tard (piste 8). Trop tard met en scène une femme dans une situation où elle a deux prétendants, parfaitement opposés l’un à l’autre. L’un est un « bon tireur » mais « un gros foiré », tandis que l’autre est un « gros mouilleur » mais  difficile à choisir entre le bien être matériel et  l’épanouissement sexuel. Le désespoir pousse la femme au point de se demander si elle ne devrait pas garder les deux et opter pour la polyandrie.

Cette chanson raconte le vécu des femmes dans notre quotidien et même si dans ce cas de figure il n’y a que deux prétendants, parfois c’est beaucoup plus. Même s’il y a des mises en scène d’ébats avec des paroles telles que « bébé prends moi par devant…par derrière », le contexte est plus ou moins normal.

Aminata (piste 8). Oh…celle là c’est ma préférée. Je ne sais pas s’il s’agit d’une histoire vraie ou d’une simple coïncidence parce que ce nom rentre très bien dans le rythme de ce bitkusi très enjaillant. Aminata c’est l’histoire de deux amies qui se faisaient entièrement confiance et s’aimaient énormément. Histoire malheureusement qui se termine mal car l’une  a franchi les limites, qui étaient de ne pas boire dans le marigot de l’autre, ne pas manger le mbita kola de l’autre, et surtout ne pas caresser le mboma de l’autre. Bref tout ça est synonyme de coucher avec le mari de l’autre.

Le mari d’autrui et Aminata se convoitaient déjà. Naïve, Lady Ponce (actrice dans le contexte) trop confiante l’a hébergée sous son toit. Rentrant donc d’un voyage annulé, c’est avec surprise et désarroi qu’elle trouve Aminata entrain « Vouksayer » son cocotier (ses lolos) sur son mari. Aie! La douleur de ça! La morale de ça, pas besoin de la décrire, on la comprend aisément. Trop bon trop con.

Le Vouksayement, nouveau concept créé par l’artiste pour une ambiance nouvelle, est un synonyme ou une version améliorée du « Secouement« . la piste un « ella » (clip ci-dessous) est essentiellement consacrée au « vouksayement« . Sauf que ici, je trouve certaines expressions telles que « positionne tes lolos », « positionne tes lass »…vulgaires et pas très utiles. La chanson est déjà très rythmée et à l’écoute on y danse naturellement. Position de « vouksayement » suffit largement.

La dernière chanson rentrant dans ce sciage est « C’est décidé », piste 9.  La femme met en garde tous ceux qui lui courent après qu’elle est mariée, en gros la recréation est terminée. « Vous qui voulez me poncer, vous qui voulez me sucer », faisant allusion à ces prétendants, sachez que je suis mariée. Ici également, je ne trouve pas ces expressions nécessaires.

Ceci dit faudra peut-être s’y faire. Le piment est la marque de fabrique de Lady Ponce, son fond de commerce. Mal placé ou pas, force est de constater que ce condiment ne manquera presque jamais à sa sauce. Ma question est maintenant la suivante. Y a t’il moyen de restreindre la portée des chansons pimentées aux adultes? Si oui, comment?

Néanmoins, je recommanderai vivement cet album, car en plus des chansons suscités, il y en a d’autres, avec autant de thématiques et de messages. A ne ya, tiens tes promesses, et surtout jamais trop tard avec Dynastie… Personnellement je me suis régalé à l’écoute et ça fait plaisir de voir que l’artiste après tant d’années se maintient parmi les élites du bitkusi national.

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