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Autopsie d’une génération d’artistes ‘lofombotiques’ qui veut ‘voyager sans décoller’.
Quand tu as grandi dans un environnement où les gens sont depuis très longtemps adeptes de la musique bien faite, tu es automatiquement submergé par un amour incommensurable pour la bonne «vibe», et les sensations agréables que produisent ce type de musique. Dans ce sens, il apparait donc normal, voire légitime de se sentir comme poignardé en plein dans le cœur, à chaque fois qu’on écoute certains artistes; raison pour laquelle, au nom de la sentimentalité relativement reconnue à chacun, je me permettrai de taxer nombreuses de leurs productions musicales de «N’IMPORTE QUOI». Il est tout de même important, de noter que, par musique bien faite, j’entends cette musique saine, inspirante, constructive et à caractère introspectif qui peut impacter positivement la vie d’un être et soigner son âme lorsqu’elle est souffrante.
 Par ailleurs, en observant profondément la scène artistique dans notre pays ces dernières années, je me rends compte que, peut-être maladroitement, les artistes qui excellent dans l’art de produire des chansons « vides » de semence nutritive pour l’âme, n’ont pas conscience des dégâts que celles-ci engendrent chez ceux qui la consomment de gré ou de force. Je pense, que plusieurs d’entre eux dont les œuvres sont APPAREMMENT très prisées par une catégorie de consommateurs, n’ont sans doute pas connaissance des bienfaits et de la qualité de jouissance que procure une musique bien faite; ou-bien, qu’ils renient catégoriquement les vertus médicinales et thérapeutiques de la musique.
 
Alors, ils nous blessent et nous font tellement de mal sans même s’en rendre compte. Personnellement, à maintes reprises, j’ai eu envie de demander à ceux-là ce que nous (mes semblables et moi) leur avons fait pour mériter une telle souffrance auditive. N’ont-ils pas pitié de nos tympans si fragiles et de notre ouïe si sensible ? Pourquoi investissent-ils leur temps, leurs énergies et leur argent pour nuire pratiquement à nous autres qui ne demandons qu’à savourer de la musique pour adoucir nos mœurs ?
Franchement, SI VOUS FAITES DE LA BONNE MUSIQUE QUOI VA VOUS FAIRE ? 
Il est malheureux de constater que ces artistes qui ne chantent que pour chanter, produisent en grande pompe des chansons qui, comme des spermatozoïdes visiblement arrivés à maturation échouent devant la barrière complexe et opaque d’une glaie cervicale perplexe (public averti). Pour parler comme le penseur Félix Mbetbo, auteur de l’ouvrage « La République du Piment», on peut donc comprendre pourquoi certains artistes sont atteints de «faiblesse textuelle».
Toutefois, la transposition ici faite entre des brins de la chaîne de production musicale et du processus de fécondation chez l’être humain vient mettre en exergue la complexité manifeste des procédés de production d’œuvres musicales et de reproduction humaine; lesquels procédés nécessitant bien évidement un certain sérieux dans leur réalisation. D’où, pour assurer une éventuelle croissance plus ou moins positive et durable à son produit, il est primordial d’observer une rigueur dans le choix des éléments constitutifs et un certain respect dans le traitement des procédés. Sinon, comme des bébés, on aura toujours des chansons qui ne verront jamais le jour, celles qui seront mortes à leur naissance, et/ou celles prématurées qui ne vivront que l’espace d’un «Buzz», car, ayant été atteintes d’une maladie congénitale. Même s’il est de notoriété publique que chez nous au Cameroun, certains experts de la magie et de l’illusionnisme ont réussi à faire des omelettes sans casser les œufs. D’autres adeptes du ‘lofombotisme’ ont même appris à ‘voyager sans décoller’.
 
MAIS POURQUOI VEULENT-ILS DONC COURIR SANS APPRENDRE A MARCHER ?
Au regard de cette attitude à faire la musique avec une désinvolture déconcertante observée chez plusieurs artistes dits de la jeune génération, le chanteur Congolais de renommée internationale Fally Ipupa, dans sa chanson «Esengo», extraite de son tout récent album ‘Tokoos’, a souligné, en toute ironie, qu’«Ils veulent tous devenirs stars, mais avec quel talent?», et qu’«Ils veulent tous devenir riches, mais avec quel travail?». Comme quoi, ils veulent courir sans apprendre à marcher. La seule chose qui les intéresse c’est la ‘richesse’ et les feux des projecteurs à tout prix. Il fait également le constat suivant lequel ces artistes concentrent prioritairement leurs énergies dans la conquête effrénée d’une gloire éphémère.
En fin de compte, on comprend qu’ils veulent arriver au sommet sans avoir à gravir les échelons:
Parce qu’en réalité, ils ne veulent rien apprendre du tout, si ce n’est comment devenir promptement des «Stars» et faire le tour du monde pour se pavaner, quoique conscients qu’ils disparaitraient quelques temps après. Du moment où on passe à la télé, qu’on se fait plusieurs filles et que ça paye quelques factures, tant mieux!
Ils préfèrent faire du «buzz» et faire vibrer un tant soit peu les IPods, au lieu de monter un vrai plan de carrière et exister pour très longtemps dans les cœurs…
Parce que ces artistes sont à l’image de notre pays où la médiocrité et la fainéantise sont prônées au dépit du mérite.
La triste vérité c’est que, ce sont les cancres, voire les plus nuls qui sont majoritairement mis en avant; qu’avec le temps et le pouvoir des choses, on a laissé croire aux esprits faibles qu’il faille être médiocre et faible pour espérer une certaine reconnaissance de la masse ; que pour être adulé et respecté, on peut chanter n’importe quoi, se faire quelques milliers de followers sur les réseaux sociaux, passer en boucle sur Trace Tv où la musique est stéréotypée, acheter des vues sur YouTube et parvenir quand même à échanger une accolade chaleureuse avec la Première Dame, lors de ses cérémonies qu’elle organise dans sa plantation à Mvog-Meka.
En effet, ils préfèrent mettre la charrue avant les bœufs …
Parce que l’amour du travail bien fait et la culture de l’excellence ne font plus partie du champ d’action des nombreuses politiques de développement durable tant vantées par le régime en place, la facilité et la paresse sont alors devenues les cultures les plus arrosées du jardin.
Ils veulent courir sans apprendre à marcher.
Parce que tout chemin mène à Rome. Pourquoi ne choisiraient-ils donc pas les raccourcis ?
Ils veulent voyager sans décoller … (suite et fin dans une semaine)
Steve Landry K
Bonamoussadi, le 21 novembre 2017.
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